C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de Marie-Suzanne Ponthaud, survenu le 17 avril 2026.
Née le 28 août 1965 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dans une famille où la mère exerce la profession d’infirmière, un goût précoce pour le dessin se manifeste dès l’enfance, à l’âge de dix ans. Animée par un esprit scientifique et une volonté affirmée, l’orientation vers l’architecture s’impose très tôt.
Diplômée de l’École spéciale d’architecture en 1989, et titulaire la même année d’un Certificat d’études supérieures de l’École nationale des ponts et chaussées (technique du bâtiment), une spécialisation en architecture du patrimoine est poursuivie en 1993 au Centre d’études supérieures d’histoire et de conservation des monuments anciens.
Collaboratrice de Jean-François Lagneau, architecte en chef des monuments historiques, entre 1989 et 1996, Marie-Suzanne Ponthaud compte parmi les premières femmes nommées à cette fonction en 1996. Les responsabilités territoriales s’étendent successivement à la Mayenne et aux Côtes-d’Armor, puis à partir de 2001 à la Sarthe, en 2005 au Finistère et aux Côtes-d’Armor, et à compter de 2011 à l’Eure-et-Loir, avec notamment le suivi de la cathédrale de Chartres.
En 2012, la nomination au poste d’Inspectrice générale des monuments historiques vient consacrer un engagement entier au service de la conservation et de la restauration du patrimoine.
Son action concerne également des ensembles majeurs tels que le musée d’Orsay, la manufacture de Sèvres, la cathédrale de Reims et le palais du Tau.
Sa conception du métier se résume en ces mots :
« Un monument doit continuer à vivre. Restaurer minutieusement ce qui a été transmis et l’adapter à notre époque. Le plus satisfaisant ? Faire cohabiter le monument avec l’architecture contemporaine tout en lui donnant une nouvelle vie. »
Une carrière entièrement consacrée à la restauration de monuments parmi les plus emblématiques du patrimoine français, comme la Cité de la céramique de Sèvres, les tours de Concarneau, le massif occidental de Saint-Pierre de Saumur, le château de Pontivy, les intérieurs et une tour de la cathédrale de Vannes, l’ancien phare de l’île Vierge dans le Finistère, ainsi que les cathédrales de Chartres et de Reims.
Passionnée par les savoir-faire artisanaux, un engagement constant conduit à la transmission auprès des futurs architectes du patrimoine, notamment à l’École de Chaillot.
Les membres de l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF) rendent hommage à une consœur dont la rigueur, l’exigence et la sensibilité au patrimoine ont profondément marqué la communauté des acteurs de la conservation et de la restauration.
Au-delà d’un parcours exemplaire, demeure le souvenir d’une personnalité attachée à la transmission des savoirs et au dialogue entre patrimoine et création contemporaine.
En ces moments de deuil, l’ANABF adresse à la famille et aux proches ses pensées les plus sincères et l’expression de sa profonde sympathie.
